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L'avocat du Rap

PLK

PLK

 

T'as forcément déjà entendu son nom ; depuis déjà quelques mois, la machine PLK (PoLaK de son origine polonaise) est lancée. Vrai amoureux de ce bon vieux peura, il posait déjà proprement à seulement 14 piges. Aujourd'hui âgé de 21 ans, il commence à se faire une place confortable dans le rap français. Après avoir débuté au sein du Panama Bende, il s'est peu à peu imposé en solo, tout comme son acolyte Aladin 135 quelques années auparavant.

Son premier projet solo, Peur de me Tromper, date d'il y a déjà 3 ans. Ce projet est passé presque inaperçu, malgré le fait qu'il soit vraiment correct pour un premier projet. On y retrouve un PLK introspectif en pleine transition vers l'âge adulte, il n'a alors que 18 ans et se confie, il montre ses craintes et ses espoirs. Par exemple, sur le track Peur de me tromper il se montre en pleine crise existentielle, Enna quant à lui est un morceau dédié à son frère et à sa soeur. L'année suivante, PLK sort l'EP Dedans, sur lequel il commence à imposer un style bien à lui. Les choses commencent à s'accélérer en 2017, quand le Panama Bende sort l'album ADN qui a permis au groupe d'avoir une visibilité assez conséquente. Quelques mois après, PLK sort la mixtape Ténébreux qui lui a d'ailleurs valu de rejoindre Panenka Music, label où l’on peut notamment retrouver Georgio.

 

 

Pourquoi décides-tu de nous parler de lui ?  

Parce qu’il sort un album et qu'il faut bien profiter de son buzz non ? Plus sérieusement, c’est un artiste que je suis depuis longtemps et avec attention. Je l’ai vu évoluer musicalement, de son premier projet jusqu’à aujourd’hui, et selon moi, il faut vraiment en parler. Le gars sait tout faire. Il m’a fait passer des nuits blanches à réfléchir autour de ce qu’il dit avec des tracks comme Peur de me tromper ou Du Mal. Il m’a aussi fait danser avec All Night et Ténébreux et il m’a fait turnup avec Kajimir. C’est un artiste complet qui a su évoluer sans perdre son style bien à lui.

Au delà de sa polyvalence, PLK est un très bon kickeur. Il pose d'une manière bien précise, avec un flow tranchant et personnel, sur des sons comme Pas les mêmes, Platinum, ou encore le freestyle 10 avril. Un flow millimétré donc, mais pas que ; ses lyrics se démarquent grâce à son insolence particulière. Il ne se contente pas de se vanter tout au long des morceaux, PLK assume son côté plus sombre et plus ténébreux justement. On retrouve dans ses textes les plus égotrip des passages où la confidence se mêle à l’exercice technique. Dans le morceau Pas Besoin par exemple, quand il parle de Fonky Flav qui l’a aidé lorsque dans sa tête “c’était la guerre comme à Pearl Harbor”, on comprend bien que malgré l’insolence dont il peut faire preuve, il y a une part de lui plus sombre, avec un vécu quel qu’il soit. J’ai parlé de polyvalence au début de ce paragraphe et c’est bel et bien ce qu’on retrouve dans ses textes.

 

 

Bien entendu, chaque rappeur a la capacité de mêler plusieurs facettes de lui-même au sein d’un même projet, c’est ce qui en fera sa force mais aussi ce qui l’aidera à toucher un public plus large. Lorsque le rappeur se confie cela permet aux auditeurs de s’assimiler à lui, de s’identifier à ce qu’il raconte. Ce qui se retrouve alors dans ce que propose PLK c’est cette capacité de rappeler ; comme si c’était pour lui-même, que tout n’est pas toujours facile, qu’il a pu traverser des périodes sombres. C’est un champ lexical qui revient énormément dans cet article et ce n’est pas sans raison, PLK fait du “rap sale, Ténébreux”. On sent aussi une forte volonté de s’en sortir, de réellement charbonner pour réussir ce qu’il entreprend. Cela semble même être une obligation, un devoir de sa part. Dans sa situation, réussir n’est pas une option mais une nécessité.

“On va travailler encore et encore pour rentrer dans l'arène ; on va jamais crier à l'aide.”

Autre thématique forte autour de ce que propose PLK dans son univers ; c’est sa famille, ses potes. Dans un premier temps, on peut évidemment noter la place importante de sa maman, celle-ci a un rôle primordial. Il compte sur elle et fait comprendre que seul son avis a de l’importance à ses yeux.

Concernant ses potes, leur place est également prépondérante et on ressent au travers de pratiquement tous ses morceaux à quel point ils lui sont essentiels. Dans Homies ou Casino, ses amis sont au premier plan et on le comprend aisément. Mais il n’oublie pas non plus son groupe, en effet les références au Panama Bende et à son succès sont omniprésentes. Il est fier de son groupe, le montre et le représente.

Dernier thème intéressant, il parle de la rue de manière vivante, quand il en parle on ressent ce qu’il a pu vivre. Il y a connu des galères mais aussi des conflits et la misère. Il parle d’un environnement très présent qui a forgé celui qu’il est devenu et dont il est fier de faire partie

 

 

Au delà de la musique, PLK est intéressant au niveau de ses visuels. Ses clips retranscrivent à la perfection l’ambiance de ses morceaux. Je pense surtout au clip de Du Mal, qui est un morceau très introspectif. Le thème est assez basique mais c’est le genre de réflexions auxquelles n’importe quel jeune de son âge peut être confronté, marchant seul dans la rue, traversant le froid d’un soir d’hiver. Le clip nous plonge donc dans une ambiance nocturne, sans pour autant être une nuit oppressante, vide. On se retrouve dans une nuit “urbaine”, sous la lumière des lampadaires, tantôt passager dans la voiture de PLK, tantôt au centre d’une baston face à un assaillant capuché, qui semble être tout simplement l’ancien PLK, qui est la cause de toutes ses cogitations et regrets actuels. Et c’est pareil pour chaque clip. Un son aux sonorités hispaniques ? On enfile la chemise à fleurs et on file dans une soirée dansante pour Dis-Moi Oui. Un son égotrip ? Pas besoin de décor, on enfile ses plus belles sapes et on dévoile ses plus beaux mouvs pour Yeux.

Au détour d’une discussion autour des visuels de PLK nous avons aussi trouvé qu’un lien se cachait entre la pochette de Ténébreux et celle de Platinum. A première vue, on peut penser qu’il s’agit simplement d’un zoom d’une pochette à l’autre mais cela pourrait aller plus loin... Les lunettes sont les mêmes et on retrouve la fumée qui sort de sa bouche. On a alors pensé qu’il s’agissait du même instant, capturé au même moment, faisant alors cette fois penser à un angle de vue simplement différent.

 

 

Cependant, le lien entre les deux pochettes est plus profond : sur la pochette de Platinum, on aperçoit comme des cicatrices sur son visage. Ces scarifications brillent comme si un métal en ressortait. La couleur de celles-ci fait alors écho au fond derrière PLK sur la pochette de Ténébreux. Ce qui à première vue fait penser à des éclats de verre s’assimile davantage à un matériau proche de l’aluminium. Et s’il s’agissait alors de son environnement, du milieu dans lequel il évolue ? Un environnement qu’il aurait alors assimilé à force de le côtoyer, un environnement qu’il aurait intériorisé, dont il s’est imprégné. Ces cicatrices qui laissent percevoir quelque chose de métallique servent-elles à montrer que PLK a assimilé le milieu dans lequel il a évolué ?

Mais le nom du projet n’est pas qu’un détail, en effet durant la promotion de la mixtape l’artiste a beaucoup parlé du platine sur différentes publications instagram. Le platine étant un métal précieux, plus précieux que l’or, on comprend que PLK vise haut. Le disque de platine ? Plus encore, l’aluminium perceptible sur la pochette de Ténébreux ; qui, on le rappelle correspond à son environnement, s’est alors transformé en platine au contact de PLK. Il a fait de ses failles, de ses difficultés une force pour devenir bien meilleur.

Les cicatrices qu’on voit sur la pochette de l’album pourraient représenter tout un tas de choses, les coups qu’il a reçu par la vie ? Cela pourrait être une référence au clip de Du Mal où on le voit balafré et encore une fois marqué par les coups de la vie. Voici alors ce qui confirme l’hypothèse du lien entre ces deux projets au travers de ces pochettes.

Dernier élément : le clip de Platinum où on le voit en train de se battre, encore une fois, contre la vie ? Ces balafres sont alors une nouvelle fois représentées avec la présence de platine sous sa peau. On en déduit à la fin qu’il s’agit d’un PLK robotisé, qui se fait réparer après tant de coups endurés et nous pouvons alors comprendre que ses failles commencent à se combler après ce passé TÉNÉBREUX. On vous rappelle par ailleurs que le projet Dedans commençait par un morceau intitulé Plata o Plomo, l’argent ou le plomb, a force de se battre contre les difficultés PLK a cessé de viser l’argent et chercherai alors le platine…

  

 

Tant d’interprétations sont possibles alors n’hésite pas à nous dire ce que tu penses de tout ça et si tu as repéré d’autres références partage nous tout ça !

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